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L’Accord de Partenariat entre le Mercosur et l’Union européenne – les perspectives qu’il ouvre pour le monde des affaires

Au cours des dernières années, le commerce international a été marqué par une grande instabilité, avec des mouvements politiques et économiques modifiant abruptement les règles du jeu commercial. La politique tarifaire protectionniste et agressive des États Unis, ainsi que l’influence des conflits géopolitiques sur les transactions commerciales – tels que la guerre en Ukraine et le conflit actuel en Iran – en constituent une illustration éloquente.

Cette instabilité affecte naturellement la capacité des entrepreneurs ayant une activité internationale à planifier leurs affaires et à réaliser leurs investissements avec un minimum de sécurité, sur un horizon temporel plus long.

C’est précisément dans ce contexte que s’impose l’importance de la récente signature, en janvier 2026, de l’Accord de Partenariat entre le Mercosur et l’Union européenne.

Une telle importance s’explique par la création d’un vaste espace économique : plus de 700 millions de personnes et de consommateurs potentiels, ainsi que l’élimination des droits de douane sur plus de 90 % du commerce intrabloc. Plus encore, un cadre stable pour les relations économiques est envisagé, dans la mesure où tant les mesures tarifaires que les mesures non tarifaires devront respecter les normes de l’accord. De même, en matière de services, l’ouverture du secteur des marchés publics a été établie.

De nouveaux courants commerciaux devraient ainsi être créés, favorisant le développement de chaînes de valeur mondiales au sein du bloc. Dans le secteur industriel, dans lequel les pays du Mercosur sont plus protectionnistes, de nombreuses barrières douanières élevées seront supprimées, notamment dans les secteurs automobile, des machines et pharmaceutique. Les investissements dans l’exploitation minière, y compris dans les minéraux critiques pour la transition énergétique, seront protégés contre certaines mesures interventionnistes, comme certains types d’impôts à l’exportation.

De même, les opportunités d’accès au marché européen s’élargissent, en particulier pour les produits agricoles issus du Mercosur. On observera une nette tendance à l’augmentation de la participation de l’Europe dans le marché des exportations du Mercosur. À ces opportunités s’ajoute le défi d’adopter des méthodes de production plus conformes aux exigences européennes, généralement plus strictes en matière sanitaire et environnementale. À cet égard, il est important de souligner que l’accord n’élimine pas ces exigences, il les encadre simplement en les obligeant à respecter les dispositions convenues.

L’Accord de Partenariat constitue ainsi une note discordante dans le contexte actuel. Dans un monde plus protectionniste, il réduit et même supprime de nombreux obstacles commerciaux. Dans un monde instable, il apporte davantage de sécurité juridique en prévoyant des règles que les États devront respecter dans leurs réglementations économiques. Il appartiendra désormais aux entrepreneurs de tirer le meilleur parti de cette large voie qui s’ouvre devant eux, et aux avocats de les conseiller dans les directions les plus sûres à emprunter.